Indications de la densitométrie osseuse
Repérage des situations justifiant une densitométrie osseuse et une évaluation du risque fracturaire.
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À quoi sert cet outil ?
Une fracture de fragilité multiplie par deux à cinq le risque d'en refaire une, et pourtant moins d'un patient sur cinq reçoit un traitement après la première. Le problème n'est pas le diagnostic mais le REPÉRAGE : la fracture est traitée, l'os est oublié. Ces indications transforment un événement traumatique en occasion de prévention.
Comment est-il calculé ?
Les situations sont recherchées en deux groupes : celles qui justifient à elles seules la densitométrie — fracture de fragilité, corticothérapie prolongée, pathologie inductrice — et les facteurs de risque qui, chez la femme ménopausée, justifient un examen.
Interprétation
- Densitométrie non indiquée
Aucune indication retenue. Conseils généraux : apports calciques suffisants, statut en vitamine D, activité physique en charge, arrêt du tabac. Réévaluer aux consultations ultérieures — les indications apparaissent avec l'âge et les traitements.
- Densitométrie à discuter
Facteurs de risque présents. Une densitométrie est raisonnable chez la femme ménopausée, avec évaluation du risque fracturaire. Une perte de taille de plus de 4 cm doit faire chercher une fracture vertébrale par une imagerie du rachis, indépendamment de la densitométrie.
- Densitométrie indiquée
Indication retenue : fracture de fragilité, corticothérapie prolongée ou pathologie inductrice. Densitométrie et bilan biologique à la recherche d'une ostéoporose SECONDAIRE. Après une fracture de fragilité, le traitement est indiqué quel que soit le T-score — c'est la fracture qui définit la sévérité. Corriger la vitamine D, assurer les apports calciques, et prévenir les chutes.
Quand l’utiliser ?
Après toute fracture survenue sans traumatisme majeur, avant une corticothérapie prolongée, et chez la femme ménopausée présentant des facteurs de risque.
Limites
- Une FRACTURE DE FRAGILITÉ — survenue lors d'une chute de sa hauteur ou sans traumatisme — justifie à elle seule la densitométrie ET le traitement, quel que soit le T-score : c'est la fracture qui définit l'ostéoporose sévère, pas la densité.
- Les fractures du CRÂNE, des DOIGTS, des ORTEILS et du RACHIS CERVICAL ne sont pas des fractures de fragilité et n'entrent pas dans cette définition.
- Une fracture VERTÉBRALE est souvent asymptomatique et découverte fortuitement : une perte de taille de plus de 4 cm ou une cyphose récente doivent la faire chercher par une imagerie du rachis.
- Le T-score ne s'applique qu'à la femme MÉNOPAUSÉE et à l'homme de plus de 50 ans : chez le sujet plus jeune, c'est le Z-score qui est utilisé, et une valeur basse impose de chercher une cause secondaire.
- Une ostéoporose secondaire doit être écartée : hyperparathyroïdie, hyperthyroïdie, hypercorticisme, myélome, malabsorption, hypogonadisme. Un bilan biologique minimal accompagne la densitométrie.
- Le traitement ne dispense ni de la correction d'une carence en vitamine D et en calcium, ni de la prévention des chutes, ni de l'activité physique en charge — qui pèsent autant que le médicament.
Questions fréquentes
- Faut-il un T-score bas pour traiter après une fracture ?
- Non. Une fracture de fragilité définit à elle seule une ostéoporose sévère : le traitement est indiqué quel que soit le T-score. C'est l'inverse de l'intuition, et c'est pourquoi tant de patients restent non traités après leur première fracture.
- Quelles fractures ne comptent pas ?
- Celles du crâne, des doigts, des orteils et du rachis cervical : elles ne sont pas considérées comme des fractures de fragilité, quel que soit le mécanisme.
Références
- Briot K, Roux C, Thomas T, et al.. Actualisation 2018 des recommandations françaises du traitement de l'ostéoporose post-ménopausique. Revue du Rhumatisme. 2018. DOI 10.1016/j.rhum.2018.02.005
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