Aller au contenu principal
CliniOutils

Indications de la densitométrie osseuse

Repérage des situations justifiant une densitométrie osseuse et une évaluation du risque fracturaire.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Fracture de fragilité, sans traumatisme majeur

Hors crâne, doigts, orteils et rachis cervical.

Corticothérapie prolongée, plus de 3 mois
Pathologie inductrice d ostéoporose

Hyperparathyroïdie, hyperthyroïdie, hypercorticisme, hypogonadisme, malabsorption, polyarthrite rhumatoïde.

Ménopause avant 40 ans, ou aménorrhée prolongée
Fracture de l extrémité supérieure du fémur chez un parent
Indice de masse corporelle inférieur à 19 kg/m²
Perte de taille supérieure à 4 cm, ou cyphose récente

Doit faire chercher une fracture vertébrale, souvent asymptomatique.

Tabagisme actif ou consommation d alcool excessive

8 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Une fracture de fragilité multiplie par deux à cinq le risque d'en refaire une, et pourtant moins d'un patient sur cinq reçoit un traitement après la première. Le problème n'est pas le diagnostic mais le REPÉRAGE : la fracture est traitée, l'os est oublié. Ces indications transforment un événement traumatique en occasion de prévention.

Comment est-il calculé ?

Les situations sont recherchées en deux groupes : celles qui justifient à elles seules la densitométrie — fracture de fragilité, corticothérapie prolongée, pathologie inductrice — et les facteurs de risque qui, chez la femme ménopausée, justifient un examen.

Interprétation

  • Densitométrie non indiquée

    Aucune indication retenue. Conseils généraux : apports calciques suffisants, statut en vitamine D, activité physique en charge, arrêt du tabac. Réévaluer aux consultations ultérieures — les indications apparaissent avec l'âge et les traitements.

  • Densitométrie à discuter

    Facteurs de risque présents. Une densitométrie est raisonnable chez la femme ménopausée, avec évaluation du risque fracturaire. Une perte de taille de plus de 4 cm doit faire chercher une fracture vertébrale par une imagerie du rachis, indépendamment de la densitométrie.

  • Densitométrie indiquée

    Indication retenue : fracture de fragilité, corticothérapie prolongée ou pathologie inductrice. Densitométrie et bilan biologique à la recherche d'une ostéoporose SECONDAIRE. Après une fracture de fragilité, le traitement est indiqué quel que soit le T-score — c'est la fracture qui définit la sévérité. Corriger la vitamine D, assurer les apports calciques, et prévenir les chutes.

Quand l’utiliser ?

Après toute fracture survenue sans traumatisme majeur, avant une corticothérapie prolongée, et chez la femme ménopausée présentant des facteurs de risque.

Limites

  • Une FRACTURE DE FRAGILITÉ — survenue lors d'une chute de sa hauteur ou sans traumatisme — justifie à elle seule la densitométrie ET le traitement, quel que soit le T-score : c'est la fracture qui définit l'ostéoporose sévère, pas la densité.
  • Les fractures du CRÂNE, des DOIGTS, des ORTEILS et du RACHIS CERVICAL ne sont pas des fractures de fragilité et n'entrent pas dans cette définition.
  • Une fracture VERTÉBRALE est souvent asymptomatique et découverte fortuitement : une perte de taille de plus de 4 cm ou une cyphose récente doivent la faire chercher par une imagerie du rachis.
  • Le T-score ne s'applique qu'à la femme MÉNOPAUSÉE et à l'homme de plus de 50 ans : chez le sujet plus jeune, c'est le Z-score qui est utilisé, et une valeur basse impose de chercher une cause secondaire.
  • Une ostéoporose secondaire doit être écartée : hyperparathyroïdie, hyperthyroïdie, hypercorticisme, myélome, malabsorption, hypogonadisme. Un bilan biologique minimal accompagne la densitométrie.
  • Le traitement ne dispense ni de la correction d'une carence en vitamine D et en calcium, ni de la prévention des chutes, ni de l'activité physique en charge — qui pèsent autant que le médicament.

Questions fréquentes

Faut-il un T-score bas pour traiter après une fracture ?
Non. Une fracture de fragilité définit à elle seule une ostéoporose sévère : le traitement est indiqué quel que soit le T-score. C'est l'inverse de l'intuition, et c'est pourquoi tant de patients restent non traités après leur première fracture.
Quelles fractures ne comptent pas ?
Celles du crâne, des doigts, des orteils et du rachis cervical : elles ne sont pas considérées comme des fractures de fragilité, quel que soit le mécanisme.

Références

  1. Briot K, Roux C, Thomas T, et al.. Actualisation 2018 des recommandations françaises du traitement de l'ostéoporose post-ménopausique. Revue du Rhumatisme. 2018. DOI 10.1016/j.rhum.2018.02.005

Outils associés

1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.