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Déficit en sodium (hyponatrémie)

Quantité de sodium à apporter pour atteindre une natrémie cible, avec les limites de vitesse qui conditionnent la sécurité de la correction.

Version 1.0.0 — revu le 27/08/2026
kg
ans

Au-delà de 65 ans, la fraction d'eau corporelle retenue est plus basse.

Sexe
mmol/L
mmol/L

Objectif à 24 heures, et non natrémie normale : la hausse doit rester limitée.

5 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Devant une hyponatrémie, la question n'est pas seulement combien apporter, mais à quelle vitesse. Ce calcul donne la quantité ; le danger, lui, vient du rythme. Une correction trop rapide d'une hyponatrémie chronique provoque une myélinolyse centropontine, complication neurologique souvent irréversible.

Comment est-il calculé ?

Le déficit est le produit de l'eau corporelle totale par l'écart entre la natrémie visée et la natrémie mesurée. L'eau corporelle totale est estimée à 60 % du poids chez l'homme et 50 % chez la femme, avec des fractions abaissées à 50 % et 45 % après 65 ans, la masse grasse contenant peu d'eau.

Interprétation

  • Déficit modéré

    Déficit inférieur à 300 mmol. La correction peut le plus souvent se faire par restriction hydrique et apport sodé oral ou par sérum salé isotonique, sous contrôle biologique rapproché.

  • Déficit important

    Déficit de 300 à 600 mmol. Correction intraveineuse sous surveillance, avec contrôle de la natrémie toutes les 2 à 4 heures. Vérifier que la hausse programmée ne dépasse pas 8 mmol/L sur 24 heures.

  • Déficit majeur

    Déficit supérieur à 600 mmol. La quantité en jeu impose une correction en milieu spécialisé, étalée sur plusieurs jours. Le risque de dépassement involontaire de la cible est ici maximal.

Quand l’utiliser ?

Devant une hyponatrémie symptomatique ou profonde, pour planifier l'apport sodé et fixer un objectif de hausse sur vingt-quatre heures. Le calcul se fait après avoir déterminé le mécanisme et l'état volémique.

Limites

  • La formule ne dit rien de la vitesse. La hausse ne doit pas dépasser 8 à 10 mmol/L par 24 heures dans l'hyponatrémie chronique, et 4 à 6 mmol/L chez les patients à haut risque de myélinolyse — dénutrition, alcoolisme, hypokaliémie, insuffisance hépatique.
  • Elle ignore les pertes en cours, urinaires et digestives, qui peuvent dépasser les apports : la natrémie doit être recontrôlée toutes les 2 à 4 heures.
  • L'apport de potassium élève aussi la natrémie : corriger simultanément une hypokaliémie fait dépasser la cible si l'on n'en tient pas compte.
  • En cas de signes neurologiques graves — convulsions, coma —, le traitement est un bolus de sérum salé hypertonique en urgence, sans attendre ce calcul.
  • L'estimation de l'eau corporelle totale est grossière chez l'obèse, le dénutri et l'œdémateux.

Questions fréquentes

Pourquoi ne pas viser directement une natrémie normale ?
Parce que la vitesse de correction compte davantage que la valeur atteinte. Remonter trop vite une hyponatrémie chronique provoque une myélinolyse centropontine. La cible doit être la natrémie visée à 24 heures, soit 8 à 10 mmol/L de plus au maximum.
Le potassium influence-t-il la natrémie ?
Oui. Le potassium apporté entre dans les cellules et en chasse du sodium vers le secteur extracellulaire : corriger une hypokaliémie fait monter la natrémie. Négliger cet effet est une cause classique de correction trop rapide.

Références

  1. Spasovski G, Vanholder R, Allolio B, et al.. Clinical practice guideline on diagnosis and treatment of hyponatraemia. Nephrology Dialysis Transplantation. 2014. DOI 10.1093/ndt/gfu040
  2. Adrogué HJ, Madias NE. Hyponatremia. New England Journal of Medicine. 2000. DOI 10.1056/NEJM200005253422107

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