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CliniOutils

Échelle de Rankin modifiée

Handicap global après un accident vasculaire cérébral, en sept niveaux de 0 à 6, critère de jugement principal des essais thérapeutiques.

Version 1.0.0 — revu le 27/08/2026
Niveau de handicap

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À quoi sert cet outil ?

L'échelle de Rankin modifiée est le critère sur lequel se jugent presque tous les essais de thrombolyse et de thrombectomie : c'est elle qui définit ce qu'est un « bon résultat fonctionnel ». En pratique, elle résume en un chiffre le retentissement global de l'accident sur l'autonomie.

Comment est-il calculé ?

Sept niveaux décrivent une dégradation continue : aucun symptôme à 0, symptômes sans retentissement à 1, handicap léger avec autonomie conservée à 2, handicap modéré nécessitant une aide mais marche possible seul à 3, handicap modérément sévère à 4, handicap sévère avec dépendance totale à 5, décès à 6.

Interprétation

  • Bon résultat fonctionnel

    Score de 0 à 2. C'est la définition du « bon résultat fonctionnel » retenue dans la plupart des essais de thrombolyse et de thrombectomie : le patient reste autonome sans aide, même s'il ne peut plus mener toutes ses activités antérieures.

  • Handicap modéré

    Score de 3. Le patient marche seul mais nécessite une aide pour certains actes. Rééducation active, adaptation du domicile, et mise en place d'aides ciblées sur les actes déficitaires.

  • Handicap sévère

    Score de 4 ou 5. Dépendance importante à totale. Prise en charge en rééducation si l'état le permet, évaluation de la charge pour l'aidant, prévention des complications de décubitus et discussion du projet de vie.

  • Décès

    Score de 6. Le décès constitue le niveau terminal de l'échelle, ce qui permet de l'utiliser comme critère unique dans les essais sans traiter séparément la mortalité.

Quand l’utiliser ?

À la sortie d'hospitalisation après un accident vasculaire cérébral, puis à trois mois — moment de référence des essais —, et dans le suivi au long cours.

Limites

  • La reproductibilité entre observateurs est modérée, en particulier entre les niveaux 2 et 3, qui séparent pourtant l'autonomie de la dépendance.
  • L'échelle est globale et unidimensionnelle : elle ne dit rien du type de déficit — moteur, aphasique, cognitif — ni de la souffrance psychique.
  • Elle ne tient pas compte du handicap préexistant : un patient déjà dépendant avant l'accident ne peut pas s'améliorer sur cette échelle, ce qui fausse l'appréciation du bénéfice thérapeutique.
  • Le seuil de « bon résultat », fixé à 0-2 dans la plupart des essais, est arbitraire et ne recouvre pas ce que les patients eux-mêmes considèrent comme acceptable.
  • Un entretien structuré améliore nettement la reproductibilité et devrait être la règle.

Questions fréquentes

Pourquoi le seuil de bon résultat est-il fixé à 2 ?
Parce que c'est le niveau au-delà duquel le patient devient dépendant d'un tiers. Le seuil reste arbitraire : certains essais retiennent 0-1, et il ne recouvre pas nécessairement ce que les patients eux-mêmes jugent acceptable.
Comment tenir compte du handicap préexistant ?
L'échelle ne le prévoit pas, et c'est une limite reconnue : un patient déjà à 3 avant l'accident ne peut pas atteindre 0-2. Certains essais recueillent le score prémorbide pour analyser la variation plutôt que la valeur absolue.

Références

  1. van Swieten JC, Koudstaal PJ, Visser MC, Schouten HJ, van Gijn J. Interobserver agreement for the assessment of handicap in stroke patients. Stroke. 1988. DOI 10.1161/01.STR.19.5.604

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