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CliniOutils

Critères diagnostiques de la goutte

Probabilité d'une goutte devant une arthrite aiguë, lorsque la recherche de cristaux n'est pas disponible.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Atteinte de la première métatarsophalangienne
Épisode articulaire aigu similaire déjà survenu
Installation en moins de 24 heures, maximale d emblée
Rougeur intense en regard de l articulation
Uricémie supérieure à 360 µmol/L

Peut être normale pendant la crise : une uricémie normale n'écarte pas le diagnostic.

Tophus
Imagerie évocatrice — dépôts urate ou érosions caractéristiques
Fièvre ou terrain à risque infectieux

Point NÉGATIF : impose la ponction pour écarter une arthrite septique.

8 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

La goutte est la plus fréquente des arthrites inflammatoires, et pourtant elle est à la fois surdiagnostiquée — sur une simple uricémie élevée — et traitée trop court. Ces critères structurent le diagnostic clinique lorsque la ponction n'est pas réalisable, tout en rappelant que la mise en évidence de cristaux reste la référence.

Comment est-il calculé ?

Les éléments les plus discriminants sont pondérés : atteinte de la première métatarsophalangienne, caractère récidivant, rougeur intense, délai d'installation très court, hyperuricémie, présence de tophus, et imagerie évocatrice.

Interprétation

  • Goutte peu probable

    Peu d'arguments, ou fièvre associée. Le diagnostic de goutte n'est pas retenu en l'état : une PONCTION articulaire s'impose pour écarter une arthrite septique et rechercher des cristaux. Envisager également une chondrocalcinose, une arthrite réactionnelle ou un début de rhumatisme inflammatoire.

  • Goutte probable

    Arguments cliniques en faveur d'une goutte. En l'absence de fièvre et de terrain à risque, un traitement de la crise peut être débuté — colchicine, anti-inflammatoire ou corticoïde selon la fonction rénale et les comorbidités. Confirmer par la recherche de cristaux dès que possible.

  • Goutte très probable

    Faisceau d'arguments fort. Traiter la crise, puis — et c'est l'essentiel — discuter un traitement de fond hypo-uricémiant avec une cible d'uricémie et une prophylaxie initiale des crises. Rechercher les comorbidités : insuffisance rénale, hypertension, syndrome métabolique, et revoir les diurétiques.

Quand l’utiliser ?

Devant une mono-arthrite ou une oligo-arthrite aiguë, en particulier du membre inférieur, lorsque la ponction n'est pas immédiatement réalisable.

Limites

  • La mise en évidence de CRISTAUX d'urate au microscope à lumière polarisée reste la référence : ces critères ne s'y substituent que lorsque la ponction n'est pas réalisable.
  • L'uricémie peut être NORMALE pendant la crise, l'acide urique se déposant dans l'articulation : une uricémie normale n'écarte pas le diagnostic, et une uricémie élevée sans arthrite ne le pose pas.
  • Une arthrite SEPTIQUE peut coexister avec une goutte, ou la mimer parfaitement : devant une fièvre, un terrain à risque ou un doute, la ponction est indispensable avant tout traitement.
  • La chondrocalcinose donne un tableau très proche, surtout au genou et au poignet chez la personne âgée : seule l'analyse des cristaux les distingue avec certitude.
  • Les critères ne concernent que le diagnostic : le traitement de fond hypo-uricémiant, avec une cible d'uricémie, est ce qui change réellement l'évolution — et il est trop souvent omis ou arrêté trop tôt.
  • Une goutte impose de rechercher les comorbidités associées : insuffisance rénale, hypertension, syndrome métabolique, et de revoir les traitements hyperuricémiants comme les diurétiques.

Questions fréquentes

Une uricémie normale écarte-t-elle une goutte ?
Non. L'uricémie baisse souvent pendant la crise, l'acide urique se déposant dans l'articulation. Inversement, une hyperuricémie sans arthrite n'est pas une goutte et ne se traite pas comme telle.
Quand faut-il ponctionner ?
Devant toute fièvre, tout terrain à risque infectieux, ou tout doute. Une arthrite septique peut coexister avec une goutte ou la mimer parfaitement, et son pronostic dépend de la précocité du drainage.

Références

  1. Neogi T, Jansen TL, Dalbeth N, et al.. 2015 Gout classification criteria: an American College of Rheumatology/European League Against Rheumatism collaborative initiative. Annals of the Rheumatic Diseases. 2015. DOI 10.1136/annrheumdis-2015-208237

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