Uvéite : orientation et bilan
Orientation devant une uvéite : étendue de l'atteinte, contexte systémique, et repérage de l'endophtalmie.
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À quoi sert cet outil ?
Une uvéite antérieure isolée, unilatérale et unique ne justifie pas un bilan étiologique exhaustif : celui-ci est coûteux, anxiogène et rarement contributif. À l'inverse, une atteinte postérieure, bilatérale ou récidivante, ou survenant chez un immunodéprimé, appelle une exploration large. Et une inflammation intraoculaire après un geste chirurgical est une endophtalmie jusqu'à preuve du contraire.
Comment est-il calculé ?
L'orientation repose sur la localisation de l'inflammation, sur son caractère bilatéral ou récidivant, et sur les signes extraoculaires évoquant une maladie systémique. Le contexte postopératoire et l'immunodépression sont isolés, car ils font basculer vers l'infection. Un premier épisode antérieur isolé diminue le total, car il n'appelle pas d'exploration large.
Interprétation
- Uvéite antérieure isolée
Premier épisode antérieur unilatéral. Traitement local par corticoïde et mydriatique, prescrit par l'ophtalmologiste — jamais sans avoir écarté une KÉRATITE HERPÉTIQUE par le test à la fluorescéine. Un bilan étiologique exhaustif n'est pas justifié à ce stade : il est rarement contributif.
- Bilan orienté
Atteinte bilatérale, récidivante, ou signes extraoculaires. Rechercher précisément ce que l'interrogatoire peut donner : lombalgie inflammatoire, arthrite, diarrhée chronique, aphtose bipolaire, érythème noueux. Ces signes orientent bien mieux qu'une batterie sérologique large.
- Bilan étendu et avis spécialisé
Atteinte postérieure, immunodépression, ou tableau sévère. Prise en charge conjointe ophtalmologique et interniste. Chez l'IMMUNODÉPRIMÉ, une cause infectieuse doit être écartée avant toute corticothérapie : rétinite à cytomégalovirus, toxoplasmose, tuberculose, syphilis.
- Endophtalmie suspectée
Inflammation intraoculaire après un geste : ENDOPHTALMIE jusqu'à preuve du contraire. Avis ophtalmologique en urgence pour prélèvement et injection intravitréenne d'antibiotiques. Le pronostic se joue en heures, et un retard de quelques heures peut coûter l'œil.
Quand l’utiliser ?
Devant un œil rouge douloureux avec photophobie, et devant toute inflammation intraoculaire constatée.
Limites
- Une inflammation intraoculaire survenant après une chirurgie oculaire ou une injection intravitréenne est une ENDOPHTALMIE jusqu'à preuve du contraire : c'est une urgence, dont le pronostic dépend des heures et non des jours.
- L'uvéite associée à l'ARTHRITE JUVÉNILE IDIOPATHIQUE est typiquement BLANCHE et indolore : l'œil n'est ni rouge ni douloureux, l'enfant ne se plaint pas, et l'atteinte est découverte au stade des complications si le dépistage systématique n'est pas fait.
- Ne JAMAIS prescrire de corticoïde local sans avoir écarté une KÉRATITE HERPÉTIQUE : le test à la fluorescéine est indispensable, et un corticoïde sur un ulcère dendritique peut conduire à une perforation.
- Un bilan étiologique EXHAUSTIF n'est pas justifié devant un premier épisode d'uvéite antérieure unilatérale non granulomateuse : il est rarement contributif et souvent générateur d'anxiété. L'exploration se réserve aux formes bilatérales, récidivantes, postérieures ou associées à des signes généraux.
- Rechercher les signes extraoculaires qui font le diagnostic : lombalgie inflammatoire, arthrite, diarrhée chronique, aphtose bipolaire, érythème noueux, adénopathies. Ils orientent plus efficacement que n'importe quelle batterie sérologique.
- Cet outil ne remplace ni l'examen à la lampe à fente, indispensable, ni la classification anatomique de l'uvéite.
Questions fréquentes
- Faut-il un bilan étiologique à la première uvéite ?
- Pas devant un premier épisode antérieur unilatéral non granulomateux : il est rarement contributif. L'exploration se réserve aux formes bilatérales, récidivantes, postérieures ou avec signes généraux.
- Pourquoi dépister l'uvéite d'une arthrite juvénile idiopathique ?
- Parce qu'elle est blanche et indolore : l'œil n'est ni rouge ni douloureux et l'enfant ne se plaint pas. Sans dépistage systématique, elle est découverte au stade des complications.
Références
- Jabs DA, Nussenblatt RB, Rosenbaum JT, Standardization of Uveitis Nomenclature (SUN) Working Group. Standardization of uveitis nomenclature for reporting clinical data: results of the First International Workshop. American Journal of Ophthalmology. 2005. DOI 10.1016/j.ajo.2005.03.057
- Tsirouki T, Dastiridou A, Symeonidis C, et al.. A focus on the epidemiology of uveitis. Ocular Immunology and Inflammation. 2018. DOI 10.1080/09273948.2016.1196713
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