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Critères de West Haven (encéphalopathie hépatique)

Gradation en quatre stades de l'encéphalopathie hépatique, du simple ralentissement au coma.

Version 1.0.0 — revu le 27/08/2026
État neurologique

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'encéphalopathie hépatique est une complication fréquente de la cirrhose, dont la sévérité conditionne l'orientation : ambulatoire, hospitalisation conventionnelle ou soins intensifs. Les critères de West Haven en donnent la gradation de référence, utilisée dans toutes les études et dans les scores pronostiques comme le Child-Pugh.

Comment est-il calculé ?

Quatre grades décrivent une aggravation continue : troubles discrets de l'attention et inversion du rythme veille-sommeil au grade I ; léthargie et désorientation temporelle avec astérixis franc au grade II ; confusion marquée, désorientation spatiale et somnolence au grade III ; coma au grade IV.

Interprétation

  • Grade I — encéphalopathie discrète

    Troubles attentionnels et inversion du rythme veille-sommeil. Chercher le facteur déclenchant, instaurer le lactulose et évaluer l'observance. Une prise en charge ambulatoire est souvent possible si l'entourage est présent.

  • Grade II — encéphalopathie modérée

    Léthargie et désorientation temporelle avec astérixis franc. Hospitalisation, recherche systématique d'une infection et d'une hémorragie digestive, arrêt des sédatifs et des diurétiques si nécessaire.

  • Grade III — encéphalopathie sévère

    Confusion marquée et somnolence. Le risque d'inhalation devient réel : surveillance rapprochée, avis en unité de soins intensifs, et discussion de la protection des voies aériennes.

  • Grade IV — coma

    Coma. Protection des voies aériennes, réanimation, et évaluation d'une éventuelle indication de transplantation hépatique. Écarter formellement les autres causes de coma avant de tout rapporter à l'encéphalopathie.

Quand l’utiliser ?

Devant tout trouble de conscience ou du comportement chez un cirrhotique, à l'admission puis lors du suivi, et pour renseigner l'item correspondant du score de Child-Pugh.

Limites

  • La distinction entre grades I et II repose sur des signes subtils et sa reproductibilité entre observateurs est faible.
  • L'encéphalopathie minime, sans signe clinique décelable, échappe entièrement à cette classification : elle nécessite des tests psychométriques dédiés.
  • Les critères ne sont pas spécifiques : un sevrage alcoolique, une hypoglycémie, une infection, un hématome sous-dural ou une iatrogénie médicamenteuse produisent le même tableau chez le même patient.
  • Le grade ne dispense jamais de chercher le facteur déclenchant — infection, hémorragie digestive, écart médicamenteux, insuffisance rénale — qui est le vrai levier thérapeutique.

Questions fréquentes

L'astérixis est-il présent à tous les grades ?
Non. Il est inconstant au grade I, franc au grade II, puis disparaît souvent au grade III — non parce que l'état s'améliore, mais parce que le patient ne coopère plus assez pour que le signe soit recherché.

Références

  1. Vilstrup H, Amodio P, Bajaj J, et al.. Hepatic encephalopathy in chronic liver disease: 2014 practice guideline by the AASLD and the EASL. Hepatology. 2014. DOI 10.1002/hep.27210

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