Critères de West Haven (encéphalopathie hépatique)
Gradation en quatre stades de l'encéphalopathie hépatique, du simple ralentissement au coma.
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À quoi sert cet outil ?
L'encéphalopathie hépatique est une complication fréquente de la cirrhose, dont la sévérité conditionne l'orientation : ambulatoire, hospitalisation conventionnelle ou soins intensifs. Les critères de West Haven en donnent la gradation de référence, utilisée dans toutes les études et dans les scores pronostiques comme le Child-Pugh.
Comment est-il calculé ?
Quatre grades décrivent une aggravation continue : troubles discrets de l'attention et inversion du rythme veille-sommeil au grade I ; léthargie et désorientation temporelle avec astérixis franc au grade II ; confusion marquée, désorientation spatiale et somnolence au grade III ; coma au grade IV.
Interprétation
- Grade I — encéphalopathie discrète
Troubles attentionnels et inversion du rythme veille-sommeil. Chercher le facteur déclenchant, instaurer le lactulose et évaluer l'observance. Une prise en charge ambulatoire est souvent possible si l'entourage est présent.
- Grade II — encéphalopathie modérée
Léthargie et désorientation temporelle avec astérixis franc. Hospitalisation, recherche systématique d'une infection et d'une hémorragie digestive, arrêt des sédatifs et des diurétiques si nécessaire.
- Grade III — encéphalopathie sévère
Confusion marquée et somnolence. Le risque d'inhalation devient réel : surveillance rapprochée, avis en unité de soins intensifs, et discussion de la protection des voies aériennes.
- Grade IV — coma
Coma. Protection des voies aériennes, réanimation, et évaluation d'une éventuelle indication de transplantation hépatique. Écarter formellement les autres causes de coma avant de tout rapporter à l'encéphalopathie.
Quand l’utiliser ?
Devant tout trouble de conscience ou du comportement chez un cirrhotique, à l'admission puis lors du suivi, et pour renseigner l'item correspondant du score de Child-Pugh.
Limites
- La distinction entre grades I et II repose sur des signes subtils et sa reproductibilité entre observateurs est faible.
- L'encéphalopathie minime, sans signe clinique décelable, échappe entièrement à cette classification : elle nécessite des tests psychométriques dédiés.
- Les critères ne sont pas spécifiques : un sevrage alcoolique, une hypoglycémie, une infection, un hématome sous-dural ou une iatrogénie médicamenteuse produisent le même tableau chez le même patient.
- Le grade ne dispense jamais de chercher le facteur déclenchant — infection, hémorragie digestive, écart médicamenteux, insuffisance rénale — qui est le vrai levier thérapeutique.
Questions fréquentes
- L'astérixis est-il présent à tous les grades ?
- Non. Il est inconstant au grade I, franc au grade II, puis disparaît souvent au grade III — non parce que l'état s'améliore, mais parce que le patient ne coopère plus assez pour que le signe soit recherché.
Références
- Vilstrup H, Amodio P, Bajaj J, et al.. Hepatic encephalopathy in chronic liver disease: 2014 practice guideline by the AASLD and the EASL. Hepatology. 2014. DOI 10.1002/hep.27210
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