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Déficit en bicarbonates

Quantité de bicarbonates à apporter pour atteindre une bicarbonatémie cible dans une acidose métabolique.

Version 1.0.0 — revu le 27/08/2026
kg
mmol/L
mmol/L

Une cible modeste suffit le plus souvent : l'objectif est de sortir de la zone dangereuse, pas de normaliser.

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Dans certaines acidoses métaboliques sévères, l'alcalinisation permet de gagner du temps pendant que le traitement de la cause agit. Ce calcul chiffre la quantité nécessaire — étant entendu que l'alcalinisation n'est indiquée que dans un nombre restreint de situations.

Comment est-il calculé ?

Le déficit est le produit du poids, du coefficient 0,4 et de l'écart entre la bicarbonatémie visée et la bicarbonatémie mesurée. Le coefficient 0,4 représente l'espace de diffusion apparent du bicarbonate : il dépasse le secteur extracellulaire seul, car les tampons intracellulaires et osseux participent à la neutralisation.

Interprétation

  • Déficit modéré

    Déficit inférieur à 200 mmol. L'apport, s'il est indiqué, se fait habituellement par moitié dans un premier temps, avec contrôle des gaz du sang et de la kaliémie.

  • Déficit important

    Déficit de 200 à 400 mmol. Acidose profonde : la charge sodée et le risque d'hypokaliémie deviennent significatifs. Perfusion progressive sous surveillance biologique rapprochée.

  • Déficit majeur

    Déficit supérieur à 400 mmol. Acidose métabolique sévère. La question de l'épuration extrarénale se pose au moins autant que celle de l'alcalinisation, en particulier en cas d'insuffisance rénale ou d'intoxication.

Quand l’utiliser ?

Dans l'acidose métabolique sévère par perte de bicarbonates — diarrhée profuse, acidose tubulaire rénale —, dans l'insuffisance rénale avancée, et dans certaines intoxications où l'alcalinisation est le traitement, notamment par antidépresseurs tricycliques ou salicylés.

Limites

  • Le coefficient 0,4 est une approximation : l'espace de diffusion s'élargit à mesure que l'acidose s'aggrave, ce qui fait sous-estimer le déficit dans les acidoses profondes.
  • L'alcalinisation n'est pas recommandée en première intention dans l'acidocétose diabétique ni dans l'acidose lactique : elle peut aggraver l'acidose intracellulaire et l'hypokaliémie.
  • L'apport de bicarbonate abaisse la kaliémie et la calcémie ionisée, et augmente la charge sodée : ces trois effets doivent être anticipés.
  • La correction ne traite jamais la cause. Un déficit calculé n'est pas une indication à le combler intégralement, et la moitié de la dose est le plus souvent administrée en première intention.

Questions fréquentes

Faut-il alcaliniser une acidocétose diabétique ?
Non, sauf situation exceptionnelle. L'insuline et le remplissage corrigent l'acidose en traitant la cause. L'apport de bicarbonate peut aggraver l'acidose intracellulaire et l'hypokaliémie, sans bénéfice démontré.
Pourquoi le coefficient 0,4 et non 0,2 ?
Parce que le bicarbonate ne se distribue pas seulement dans le secteur extracellulaire. Les tampons intracellulaires et osseux y participent, ce qui élargit l'espace de diffusion apparent — et cet espace s'élargit encore quand l'acidose s'aggrave.

Références

  1. Adrogué HJ, Madias NE. Management of life-threatening acid-base disorders (first of two parts). New England Journal of Medicine. 1998. DOI 10.1056/NEJM199801013380106

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