Déficit en eau libre (hypernatrémie)
Volume d'eau à apporter pour ramener une natrémie élevée à 140 mmol/L, avec la vitesse maximale de correction.
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À quoi sert cet outil ?
L'hypernatrémie traduit un déficit en eau, non un excès de sel. Elle touche surtout le sujet âgé et le patient de réanimation, qui n'ont plus accès à l'eau ou ne perçoivent plus la soif. Le calcul du déficit permet de planifier l'apport, dont la vitesse conditionne le risque d'œdème cérébral.
Comment est-il calculé ?
Le déficit est le produit de l'eau corporelle totale par le rapport de la natrémie mesurée sur 140, diminué de un. L'eau corporelle totale est estimée à 60 % du poids chez l'homme et 50 % chez la femme, avec des fractions abaissées après 65 ans.
Interprétation
- Déficit modéré
Déficit inférieur à 3 litres. La réhydratation peut souvent se faire par voie orale ou entérale si le patient est conscient, en surveillant la natrémie toutes les 4 à 6 heures.
- Déficit important
Déficit de 3 à 6 litres. Réhydratation intraveineuse programmée sur au moins 48 heures, avec contrôle de la natrémie toutes les 4 heures et vérification que la baisse reste inférieure à 12 mmol/L par jour.
- Déficit majeur
Déficit supérieur à 6 litres. Déshydratation profonde imposant une prise en charge en soins intensifs, une correction étalée sur plusieurs jours et la recherche urgente de la cause, notamment un diabète insipide.
Quand l’utiliser ?
Devant toute hypernatrémie, pour chiffrer l'apport en eau nécessaire et fixer un rythme de correction. Le calcul s'accompagne toujours de la recherche de la cause : pertes rénales, digestives, cutanées, ou simple défaut d'apport.
Limites
- La formule chiffre le déficit constitué, mais ignore les pertes en cours et les besoins d'entretien, qui s'ajoutent tous deux à l'apport.
- La natrémie ne doit pas baisser de plus de 10 à 12 mmol/L par 24 heures : une correction plus rapide expose à l'œdème cérébral, en particulier chez l'enfant et dans les hypernatrémies chroniques.
- L'estimation de l'eau corporelle totale est approximative chez l'obèse, le dénutri et l'œdémateux.
- Dans le diabète insipide, les pertes urinaires sont massives et dominent le calcul : le traitement de la cause prime sur la seule compensation.
Questions fréquentes
- Le déficit calculé suffit-il à couvrir les besoins ?
- Non. Il chiffre l'eau déjà perdue. Il faut y ajouter les besoins d'entretien quotidiens et les pertes qui continuent, urinaires ou digestives, faute de quoi la natrémie ne baissera pas comme prévu.
Références
- Adrogué HJ, Madias NE. Hypernatremia. New England Journal of Medicine. 2000. DOI 10.1056/NEJM200005183422006
Outils associés
Vitesse de correction de la natrémie (Adrogué-Madias)
Variation de natrémie attendue pour chaque litre de soluté perfusé, et volume maximal compatible avec une correction sûre.
Kt/V (adéquation de la dialyse)
Dose d'épuration délivrée par une séance d'hémodialyse, calculée par la formule de Daugirdas de seconde génération.
Clairance de la créatinine (Cockcroft-Gault)
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Score CHA₂DS₂-VASc
Score de risque thrombo-embolique de la fibrillation atriale non valvulaire, utilisé pour poser l'indication d'une anticoagulation au long cours.
Score de Glasgow
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QT corrigé (QTc)
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