Score d Aldrete (sortie de salle de réveil)
Aptitude à quitter la salle de surveillance post-interventionnelle, sur cinq critères cotés de 0 à 2.
5 champs restants
Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.
À quoi sert cet outil ?
La sortie de salle de réveil est une décision médicale qui engage la sécurité du patient : les complications respiratoires et hémodynamiques surviennent majoritairement dans les premières heures. Le score d'Aldrete objective cette décision sur cinq critères simples, et remplace une appréciation subjective par un seuil explicite.
Comment est-il calculé ?
Cinq critères sont cotés de 0 à 2 : activité motrice, respiration, circulation, conscience et saturation en oxygène. Le total va de 0 à 10, et un score d'au moins 9 est habituellement requis pour autoriser la sortie.
Interprétation
- Sortie non autorisée
Score inférieur à 8. La sortie n'est pas envisageable : poursuivre la surveillance rapprochée, identifier l'item défaillant et le corriger. Un score inférieur à 8 doit faire rechercher une cause précise — curarisation résiduelle, dépression respiratoire, instabilité hémodynamique, hypothermie.
- Sortie à réévaluer
Score de 8. Proche du seuil mais insuffisant dans la plupart des protocoles, qui exigent 9. Réévaluer à quinze minutes et corriger l'item manquant.
- Sortie envisageable
Score de 9 ou 10. Les critères d'Aldrete sont remplis. La sortie reste soumise à l'évaluation de la douleur, des nausées, du saignement, et — en ambulatoire — de la miction et de la présence d'un accompagnant.
Quand l’utiliser ?
En salle de surveillance post-interventionnelle, de façon répétée après le réveil, pour décider du transfert vers le service ou du retour à domicile en ambulatoire.
Limites
- Le score n'évalue ni la douleur, ni les nausées et vomissements postopératoires, ni le saignement du site opératoire, qui doivent être appréciés séparément.
- Il ne suffit pas à autoriser une sortie en ambulatoire, qui exige des critères supplémentaires : reprise de la miction, absence de vertiges, accompagnant présent.
- Après rachianesthésie ou anesthésie périmédullaire, la récupération du bloc moteur et sensitif conditionne la sortie, indépendamment du score.
- L'item saturation est faussé sous oxygène : la valeur doit être appréciée en air ambiant.
- Un score de 10 chez un patient somnolent sous morphinique doit faire poursuivre la surveillance : le score mesure l'état à un instant, pas le risque de dépression respiratoire retardée.
Questions fréquentes
- Un score de 9 suffit-il pour un retour à domicile ?
- Non. En ambulatoire, il faut y ajouter la reprise de la miction, l'absence de vertiges et de vomissements, une douleur contrôlée, et la présence d'un accompagnant. Le score d'Aldrete est nécessaire, il n'est pas suffisant.
Références
- Aldrete JA, Kroulik D. A postanesthetic recovery score. Anesthesia and Analgesia. 1970. PMID 5534693
- Aldrete JA. The post-anesthesia recovery score revisited. Journal of Clinical Anesthesia. 1995. DOI 10.1016/0952-8180(94)00001-K
Outils associés
Classification de Mallampati (intubation difficile)
Visibilité des structures oropharyngées bouche ouverte, élément de l'évaluation d'une intubation difficile.
Hypothermie pendant une intervention : une complication qui se prévient
Repérage des situations où l'hypothermie peropératoire n'est ni mesurée ni prévenue, alors que ses conséquences sont documentées.
Rentrer chez soi après une chirurgie ambulatoire
Repérage des conditions de sortie manquantes après une chirurgie ambulatoire, une fois la salle de réveil quittée.
Score de Glasgow
Évaluation standardisée de la vigilance en trois composantes — ouverture des yeux, réponse verbale et réponse motrice — cotée de 3 à 15.
Score de Child-Pugh
Évaluation de la sévérité de la maladie hépatique chronique en cinq items, aboutissant à une classe A, B ou C.
Score qSOFA
Outil de repérage au lit du patient d'une défaillance d'organe associée à une infection suspectée, en trois critères cliniques sans examen complémentaire.
1000 outils publiés sur cette plateforme. Cet outil est une aide à la pratique clinique et ne remplace pas le jugement du professionnel de santé.