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CliniOutils

Classification de Mallampati (intubation difficile)

Visibilité des structures oropharyngées bouche ouverte, élément de l'évaluation d'une intubation difficile.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
Structures visibles bouche grande ouverte, langue tirée

Patient assis, tête en position neutre, sans phonation.

Autre facteur de difficulté associé

Ouverture de bouche < 35 mm, distance thyromentonnière < 65 mm, mobilité cervicale limitée, antécédent d'intubation difficile, obésité, syndrome d'apnées.

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'intubation difficile non anticipée est l'une des principales causes de morbidité et de mortalité en anesthésie. La classification de Mallampati est le geste d'examen le plus rapide de l'évaluation préopératoire des voies aériennes : elle ne suffit pas seule, mais son omission fait manquer des patients chez qui une stratégie alternative devait être préparée.

Comment est-il calculé ?

Le patient est assis, tête en position neutre, bouche grande ouverte, langue tirée sans phonation. Quatre classes décrivent ce que l'examinateur voit : de la luette entière et des piliers, à un palais dur seul visible.

Interprétation

  • Examen favorable

    Classe I ou II sans autre facteur de difficulté. L'intubation est a priori réalisable dans des conditions habituelles. Une classe favorable n'écarte cependant JAMAIS la difficulté : matériel de secours disponible et plan alternatif préparé restent obligatoires.

  • Vigilance requise

    Classe III ou IV isolée, ou classe favorable avec un facteur associé. Compléter l'évaluation multicritère, préparer un vidéolaryngoscope, informer l'équipe, et vérifier la disponibilité immédiate du matériel de secours.

  • Intubation difficile prévisible

    Classe III ou IV associée à un autre facteur de difficulté. Stratégie d'intubation difficile : opérateur expérimenté, vidéolaryngoscopie d'emblée, discussion d'une intubation vigile sous fibroscopie, matériel d'abord trachéal disponible et équipe informée avant l'induction.

Quand l’utiliser ?

À toute consultation d'anesthésie, et avant toute intubation programmée ou semi-programmée en réanimation ou aux urgences.

Limites

  • Prise ISOLÉMENT, la classification a une valeur prédictive médiocre : sa vraie utilité est d'entrer dans une évaluation multicritère — ouverture de bouche, distance thyromentonnière, mobilité cervicale, antécédent d'intubation difficile, morphotype.
  • La position compte autant que l'anatomie : patient assis, tête neutre, sans phonation. Un patient qui prononce « ah » ou qui est couché est reclassé à tort.
  • Elle ne prédit pas la ventilation au masque difficile, dont les facteurs diffèrent — barbe, obésité, édentation, âge, ronflements.
  • Elle est peu applicable en urgence, chez un patient non coopérant, ce qui est précisément la situation la plus à risque.
  • Une classe I n'écarte pas la difficulté : une intubation difficile survient aussi chez des patients dont l'examen était rassurant, d'où l'obligation d'un plan de secours et d'un matériel disponible.
  • Sa reproductibilité entre examinateurs est imparfaite, notamment entre les classes II et III.

Questions fréquentes

La classification suffit-elle à elle seule ?
Non. Isolée, sa valeur prédictive est médiocre. Elle n'a de sens que dans une évaluation multicritère : ouverture de bouche, distance thyromentonnière, mobilité cervicale, morphotype et antécédents.
Faut-il faire dire « ah » au patient ?
Non. La phonation modifie la position du voile et reclasse le patient à tort. L'examen se fait bouche grande ouverte, langue tirée, sans phonation, patient assis et tête en position neutre.

Références

  1. Mallampati SR, Gatt SP, Gugino LD, et al.. A clinical sign to predict difficult tracheal intubation: a prospective study. Canadian Anaesthetists Society Journal. 1985. DOI 10.1007/BF03011357

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