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CliniOutils

Score RIETE (risque hémorragique sous traitement d'une embolie pulmonaire)

Risque d'hémorragie majeure dans les trois premiers mois de traitement d'une maladie thrombo-embolique veineuse.

Version 1.0.0 — revu le 27/08/2026
Hémorragie majeure récente

Dans le mois précédant le diagnostic.

Créatinine supérieure à 106 µmol/L

Soit environ 1,2 mg/dL.

Anémie

Hémoglobine inférieure à 13 g/dL chez l'homme, 12 g/dL chez la femme.

Cancer évolutif
Embolie pulmonaire symptomatique
Âge supérieur à 75 ans

6 champs restants

Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

Traiter une embolie pulmonaire, c'est accepter un risque hémorragique. Le score RIETE, issu du plus grand registre européen de maladie thrombo-embolique, quantifie ce risque dans les trois premiers mois — la période où la majorité des hémorragies graves surviennent — et éclaire l'intensité de la surveillance.

Comment est-il calculé ?

Six variables sont pondérées : hémorragie majeure récente, créatinine supérieure à 106 µmol/L, anémie, cancer évolutif, embolie pulmonaire symptomatique, et âge supérieur à 75 ans. Le total va de 0 à 8,5, certaines variables valant un demi-point ou un point et demi.

Interprétation

  • Risque hémorragique faible

    Score de 0. Le risque d'hémorragie majeure à trois mois est faible, de l'ordre de 0,3 %. Le traitement anticoagulant se conduit selon les modalités habituelles, et une prise en charge ambulatoire est envisageable si les critères de Hestia le permettent.

  • Risque hémorragique intermédiaire

    Score de 1 à 4. Risque intermédiaire, de l'ordre de 2 à 3 %. Surveillance rapprochée des signes hémorragiques, contrôle de l'hémoglobine et de la fonction rénale, et adaptation de la dose au poids et à la clairance.

  • Risque hémorragique élevé

    Score supérieur à 4. Le risque d'hémorragie majeure à trois mois dépasse 6 %. Hospitalisation initiale, surveillance étroite, et discussion des modalités — molécule, dose, éventuel filtre cave si l'anticoagulation devient impossible. Ne pas renoncer d'emblée à l'anticoagulation.

Quand l’utiliser ?

À l'instauration du traitement anticoagulant d'une maladie thrombo-embolique veineuse, pour calibrer la surveillance et discuter les modalités — dose, molécule, lieu de prise en charge.

Limites

  • Le score ne doit pas conduire à renoncer à l'anticoagulation : le risque de récidive thrombotique non traitée dépasse presque toujours le risque hémorragique.
  • Il a été dérivé chez des patients traités par antivitamine K et héparine : son application aux anticoagulants oraux directs, au profil hémorragique différent, n'est pas validée.
  • Il évalue les trois PREMIERS mois : il ne prédit pas le risque hémorragique d'une anticoagulation prolongée au-delà.
  • Il n'intègre ni les antiagrégants associés, ni les anti-inflammatoires, ni la consommation d'alcool, tous facteurs hémorragiques importants.
  • Comme tous les scores hémorragiques, sa capacité discriminante reste modeste.

Questions fréquentes

Un score élevé contre-indique-t-il l anticoagulation ?
Non. Le risque de récidive d'une embolie pulmonaire non traitée dépasse presque toujours le risque hémorragique. Le score sert à calibrer la surveillance et le lieu de prise en charge, pas à renoncer au traitement.

Références

  1. Ruíz-Giménez N, Suárez C, González R, et al.. Predicting major bleeding in patients with venous thromboembolism: the RIETE registry. Thrombosis and Haemostasis. 2008. DOI 10.1160/TH07-08-0499

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