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CliniOutils

Échelle de Ramsay (profondeur de sédation)

Profondeur de sédation en six niveaux, du patient anxieux au patient totalement aréactif.

Version 1.0.0 — revu le 27/08/2026
Niveau de sédation

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

La sédation en réanimation se pilote : trop légère, elle laisse le patient souffrir et se désadapter du respirateur ; trop profonde, elle prolonge la ventilation, favorise le délirium et allonge le séjour. L'échelle de Ramsay donne un langage commun pour fixer un objectif et vérifier qu'on s'y tient.

Comment est-il calculé ?

Six niveaux décrivent un continuum, du patient anxieux et agité au niveau 1 jusqu'à l'absence totale de réponse au niveau 6. Les niveaux 2 et 3 correspondent à une sédation légère, aujourd'hui recommandée dans la plupart des situations.

Interprétation

  • Sédation insuffisante

    Niveau 1 : patient anxieux ou agité. Avant d'augmenter la sédation, chercher une cause à l'agitation — douleur, globe vésical, hypoxémie, sevrage, délirium, désadaptation du respirateur. Sédater une douleur ou un délirium les aggrave.

  • Sédation légère — objectif habituel

    Niveaux 2 et 3 : patient calme, coopérant ou répondant aux ordres simples. C'est l'objectif recommandé dans la plupart des situations : il réduit la durée de ventilation, l'incidence du délirium et la durée de séjour.

  • Sédation modérée à profonde

    Niveau 4 : patient endormi mais réactif. Acceptable transitoirement, notamment lors d'un geste. Réévaluer l'objectif et envisager une diminution des doses si la situation clinique le permet.

  • Sédation profonde

    Niveaux 5 et 6 : réponse faible ou nulle. Sédation profonde, associée à une durée de ventilation plus longue et à une surmortalité. Elle ne se justifie que dans des indications précises — hypertension intracrânienne, syndrome de détresse respiratoire aiguë sévère, curarisation — et doit être réévaluée quotidiennement.

Quand l’utiliser ?

Chez tout patient sous sédation continue en réanimation, plusieurs fois par jour, pour ajuster les doses et vérifier que l'objectif fixé est respecté.

Limites

  • L'échelle ne distingue pas l'agitation par sous-sédation de celle liée à une douleur, à un délirium, à un globe vésical ou à une hypoxémie : chercher la cause avant d'augmenter la sédation.
  • Elle est ininterprétable sous curare, qui abolit toute réponse motrice sans supprimer la conscience : c'est une situation à haut risque de mémorisation.
  • Elle ne comporte aucune évaluation de la douleur, qui doit être cotée séparément par une échelle dédiée.
  • Les échelles RASS et SAS lui sont aujourd'hui préférées dans les recommandations : elles décrivent mieux l'agitation et sont plus reproductibles.
  • Une sédation profonde prolongée — niveaux 5 et 6 — est associée à une durée de ventilation plus longue et à une surmortalité : elle doit rester une exception justifiée.

Questions fréquentes

Faut-il augmenter la sédation devant un patient agité ?
Pas avant d'avoir cherché la cause. Douleur, globe vésical, hypoxémie, sevrage et délirium provoquent une agitation que la sédation masque sans traiter — et qu'elle aggrave dans le cas du délirium.
Ramsay ou RASS ?
Les recommandations privilégient aujourd'hui le RASS, plus reproductible et décrivant mieux l'agitation. Ramsay reste très utilisé et suffisant pour fixer un objectif simple de sédation légère.

Références

  1. Ramsay MA, Savege TM, Simpson BR, Goodwin R. Controlled sedation with alphaxalone-alphadolone. British Medical Journal. 1974. DOI 10.1136/bmj.2.5920.656

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