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CliniOutils

Intoxication au paracétamol (nomogramme de Rumack-Matthew)

Situation d'une paracétamolémie par rapport au seuil de traitement, en fonction du délai depuis l'ingestion.

Version 1.0.0 — revu le 28/08/2026
h

Le dosage n est interprétable qu à partir de la quatrième heure.

mg/L

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Le résultat et son interprétation s’afficheront ici.

À quoi sert cet outil ?

L'intoxication au paracétamol est la première cause d'hépatite fulminante en Europe, et elle est parfaitement traitable si la N-acétylcystéine est débutée dans les huit heures. Le piège est que le patient est ASYMPTOMATIQUE pendant les vingt-quatre premières heures : attendre les signes cliniques, c'est attendre que le traitement ne marche plus.

Comment est-il calculé ?

Le nomogramme de Rumack-Matthew rapporte la paracétamolémie au délai écoulé depuis l'ingestion. La ligne de traitement part de 150 mg/L à la quatrième heure et décroît de façon exponentielle, avec une demi-vie de quatre heures. Cet outil compare la concentration mesurée à ce seuil.

Interprétation

  • Sous la ligne de traitement

    La paracétamolémie est inférieure au seuil de traitement pour ce délai. La N-acétylcystéine n'est pas indiquée sur ce seul critère — à condition qu'il s'agisse bien d'une ingestion aiguë unique d'heure connue, dosée au moins quatre heures après. Rechercher les co-ingestions et évaluer le risque suicidaire.

  • Au seuil de traitement

    La paracétamolémie atteint la ligne de traitement. Débuter la N-ACÉTYLCYSTÉINE sans délai : son efficacité décroît fortement après la huitième heure. Surveillance du bilan hépatique, du taux de prothrombine et de la créatinine.

  • Nettement au-dessus du seuil

    La paracétamolémie dépasse nettement la ligne de traitement. N-acétylcystéine en urgence, surveillance rapprochée du bilan hépatique, du taux de prothrombine, de la créatinine et de la glycémie. Avis d'un centre antipoison et contact précoce avec un centre de transplantation si l'insuffisance hépatique s'installe.

Quand l’utiliser ?

Après une ingestion aiguë unique de paracétamol, sur une paracétamolémie prélevée au moins quatre heures après la prise.

Limites

  • Le dosage doit être fait au moins QUATRE HEURES après l'ingestion : plus tôt, l'absorption n'est pas terminée et une valeur basse est faussement rassurante.
  • Le nomogramme ne vaut que pour une ingestion AIGUË UNIQUE d'heure connue : il ne s'applique ni aux prises répétées, ni aux formes à libération prolongée, ni lorsque l'heure est inconnue — dans ces cas, traiter d'emblée.
  • Le patient est ASYMPTOMATIQUE les vingt-quatre premières heures : l'absence de signes ne rassure en rien, et attendre les signes fait perdre l'efficacité du traitement.
  • En cas de DOUTE ou de délai supérieur à huit heures, débuter la N-acétylcystéine sans attendre le résultat du dosage : elle sera arrêtée si le nomogramme l'autorise. Son bénéfice s'effondre après la huitième heure.
  • Les facteurs de risque — dénutrition, alcoolisme chronique, jeûne, inducteurs enzymatiques — abaissent le seuil de toxicité chez certains patients, situation où plusieurs protocoles retiennent une ligne plus basse.
  • Une intoxication au paracétamol accompagne souvent d'autres prises : rechercher systématiquement les co-ingestions et évaluer le risque suicidaire.

Questions fréquentes

Faut-il attendre le dosage pour traiter ?
Non en cas de doute ou de délai supérieur à huit heures : débuter la N-acétylcystéine et l'arrêter si le nomogramme l'autorise. Son bénéfice s'effondre après la huitième heure — le temps perdu ne se rattrape pas.
Un patient asymptomatique est-il rassurant ?
Non, c'est même le piège principal. Le patient est asymptomatique pendant les vingt-quatre premières heures : quand les signes apparaissent, la nécrose hépatique est déjà constituée.

Références

  1. Rumack BH, Matthew H. Acetaminophen poisoning and toxicity. Pediatrics. 1975.

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